mardi 14 juillet 2009

Petit break estival

Chose promise, chose dûe !
Comme prévu, je suis parti faire une petite excursion dans le grand Nord pour échapper à l'enfer de l'été à Tokyo. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce petit congé aura été rafraîchissant, considérant la pluviométrie particulièrement élevée pendant ces 4 jours.

Au programme, nous avions donc :
- Hakodate
- Sapporo
- Furano
- Kushiro

Jour 1 :
Départ à 5h30 du matin, direction l'aéroport de Haneda. Pour diverses raisons, on manque de rater l'avion à quelques minutes près, mais finalement tout rentre dans l'ordre.
Décollage à 6h30, arrivée à l'aéroport de Hakodate à 8h00.
Petit déjeuner rapide près de la gare, et direction la vieille ville.
Atmosphère de fin de XIXème siècle, architecture de style colonial, nombreuses églises catholiques et orthodoxes, quelques jolis parcs.

Parc de Motomachi

Et oui, une forteresse de style Vauban...

Seul problème, le nombre très limité de restaurants ! S'il a été relativement facile de trouver de quoi manger à midi (magnifique fondue au fromage de Hokkaido... rien de mieux pour oublier tous ces mois de sevrage forcé), il en a été tout autrement pendant la soirée...

Le point culminant de la journée reste tout de même le superbe panorama que l'on a sur la ville une fois le soleil couché. La vue est célèbre dans tout l'archipel, mais je ne peux pas résister, vu que pour une fois j'ai réussi à prendre une belle photo de nuit.

De jour, ça donne ça... oui, pas mal

Et maintenant, de nuit !


Jour 2 :
Pluie, pluie, pluie et re-pluie. La visite prévue au lac Toya a tourné court... Du coup, direction Sapporo et son quartier des plaisirs, Susukino.


Jour 3 :
La météo étant clémente, nous suivons le plan prévu et nous dirigeons vers Furano, célèbre pour ses champs de lavande.
Comme les japonais ne font rien à moitié, il suffit que l'endroit soit connu pour que l'industrie touristique se mette en branle.
Dans la série lavande, je pioche les savons, les parfums, les bonbons acidulés, les T-shirt violets, les casquettes, les crèmes glacées, les limonades, le miel, et j'en passe. Ceci dit, le paysage en lui-même valait bien le coup d'oeil. Des champs de lavande multicolore à perte de vue !

Et encore, celle-là c'est la violette ! Attendez de voir les autres !

Ensuite, nous reprenons notre vaillante voiture de location pour nous diriger vers Obihiro, où nous attend notre train de nuit qui nous emmènera vers le grand Est, à Kushiro !


Jour 4 :
Pluie, pluie, pluie et re-pluie.
La journée sur laquelle nous placions le plus d'espoir s'est finalement avérée être un fiasco.
Les lacs Akanko et Masshuko sont entièrement recouverts de brume, et la pluie qui mouille plus qu'elle ne le devrait finit de ruiner le tout.
Au final nous arrivons à l'aéroport 4 heures avant l'heure prévue.
Le bon côté, beaucoup de temps pour faire du shopping !
Le mauvais côté, la moitié des souvenirs ont été mangés en attendant l'avion...

Régime nécessaire au retour à Tokyo !

mardi 2 juin 2009

Honte sur moi

Rien écrit depuis près de 2 mois... rhhooo...
Pour ma défense, il ne se passe pas grand chose d'intéressant ces temps-ci, alors forcément, je ne vais quand même pas broder sur mon dernier chocolat chaud et débattre du bien fondé du végétarianisme en milieu hostile carnophile... Quoique, j'en connais qui boivent littéralement mes paroles, alors ça pourrait le faire après tout ?

Activités du week-end, réduites (au sens de voyage), mais j'ai tout de même pu aller explorer le Nord de Saitama, et la préfecture de Tochigi est pour bientôt (même s'il n'y a rien à y faire). Avec un peu de chance, j'aurai 4 jours à passer du côté de Hokkaido en Juillet, et l'été étant déjà là peut-être quelques petites excursions à la mer ? Shizuoka n'est pas si loin après tout.

Histoire de montrer que je ne suis pas complètement inactif, derniers clichés en date !

Hitsujiyama no shibazakura
Sympa non ?



So long and thanks for the fish !
Toujours se méfier de ceux qui rigolent tout le temps...


jeudi 9 avril 2009

Détente et cerisiers

Comme chaque année, bien que de plus en plus tôt, les cerisiers fleurissent au Japon. Loin de moi l'idée d'être contrariant, même si c'est une habitude déjà bien ancrée, mais contrairement à la sakura-mania générale, je dois bien avouer que je leur préfère leurs compères pruniers, qui sont tout aussi agréables à l'oeil, mais ont en plus l'énorme avantage de sentir très bon (et de donner des fruits... rien de plus idiot qu'un cerisier sans cerises, vous n'êtes pas d'accord ?).

Toujours est-il que, comme chaque année, la saison des cerisiers sert de prétexte à la détente. Au programme, pique-nique dans les jardins de Tokyo, admiration béate du sakurafubuki ("tempête de cerisier", super nom de code pour la prochaine intervention militaire américaine, non ?), et principalement glandouille entre amis (ma partie préférée).

Juste devant chez moi

Cette année, j'ai fait très fort, vu que j'ai été non pas une, non pas deux, mais trois fois procéder au rituel du hanami.

- jardin d'Omiya, avec ma chère assistante Tomoe (déjà rencontrée lors du "Bloody Saturday", marqué par le massacre fraisier)
- Hamarikyu, avec Saeko et Samir (ça faisait longtemps !)
- Megurogawa et Korakuen, de nouveau avec Tomoe (vu qu'à Omiya, c'était un peu tôt et que la floraison n'était pas encore complète... il ne faut pas rester sur une mauvaise impression !).

Megurogawa (1)

Megurogawa(2)

Alors, ça ne donne pas envie de venir ?
Dommage pour vous, c'est déjà fini... à moins que vous ne veniez plus au Nord, vers le Tohoku ou Hokkaido, où la saison se prolonge jusqu'en Mai. Si en passant vous aviez un billet d'avion pour moi... je me ferai une joie de vous guider !

samedi 28 février 2009

Encore aux fraises

Petit aperçu du printemps, malgré la neige qui nous est tombée dessus hier matin, aujourd'hui a été dédié aux fraises. Oui vous avez bien entendu, la saison des fraises commence en Février au Japon, et c'est l'occasion de partir en chasse : ichigo gari ! (苺狩り, littéralement la chasse aux fraises).

Ma jolie assistante Tomoe a décidé de me montrer son site de chasse favori, du côté de Saitama. Étant assez éloigné de Yokohama, je décide de partir la veille au soir, afin de profiter des jolies serveuses de Kawagoe, et prévois une petite tournée d'échauffement aux sources chaudes.
Le problème des sources chaudes, c'est qu'elles me vident de toute mon énergie (ceux qui ont déjà essayé le kotatsu comprendront). Aussi, après plus d'une heure à faire trempette dans une eau à 45°C, loin d'être regaillardi, j'étais plutôt en état de loquéfaction.
Au passage, preuve que le printemps est en marche, les pruniers sont déjà en fleurs depuis 3 semaines.


Après avoir traîné jusqu'à l'heure du déjeuner, l'appel du ventre se faisant sentir, nous décidons de procéder méthodiquement, et nous dirigeons avec force résolution vers la serre la plus proche.


Un peu frais, mais peu importe. 1000 yen et beaucoup d'action plus tard, nous sortons avec un bon kilo de fraises, un pot de confiture maison (on va pas tout faire nous-mêmes non plus...), et nous mettons en quête d'un endroit au calme pour dévorer nos précieuses proies (ne coyez pas que c'était facile, une fraise qui lutte pour sa survie est un adversaire farouche. Moins qu'un pépère sans vin, mais plus que disons un koala enragé).

Non ce ne sont pas mes ongles...

Passage au supermaché du coin pour acheter de la crème fouettée (si on était pas en public...), quelques dango, et isolation finale dans un énorme parc du côté de Kumagaya (ville connue, entre autres, pour ne présenter rien d'intéressant mis à part des parcs). Et là, le massacre commence...
30 minutes sans interruption, d'une sauvagerie hallucinante. Très vite, le sol est jonché de cadavres, baignant dans un déluge de crème et de jus de fraise. Celles qui ont survécu à la première vague ne font pas long feu, et leur fin n'en est que plus pénible, car elles auront été témoin de l'hécatombe jusqu'au bout...

La sauvagerie à l'état pur, fascinante et effrayante à la fois...

Nous répugnons à une telle débauche de violence, mais c'est dans l'ordre des choses, une loi naturelle qu'il nous est impossible d'enfreindre... Ça, et puis qu'est-ce que c'était bon aussi...

vendredi 13 février 2009

Saint Valentin

Aujourd'hui, non content d'être Vendredi 13, c'est également la veille de la Saint Valentin. Ceux qui me connaissent savent à quel point j'apprécie ces petites fêtes purement commerciales qui n'ont d'autre but que de vider mon porte-monnaie en créant des coutumes toute artificielles pour le plus grand plaisir de nos amis commerçants.

Le Japon étant de ce point de vue encore pire que la France (je me rappelle encore de la campagne de publicité "You are what you buy"), je me suis dit qu'il serait sympathique de faire un petit point sur l'évènement en question.
Je me permets de copier une source que j'ai lue abondamment il y a quelques années, le journal "Chroniques Nippones" :
http://www.chroniques-nippones.net/septembre01/numero21.html

La Saint Valentin est abondamment pratiquée au Japon. Mais son contexte a subi des variations amusantes et particulièrement révélatrices de la mentalité japonaise.

Commençons par examiner comment elle est apparue au Japon. Tout commence en 1958, un étudiant travaille alors à temps partiel dans la chocolaterie de son père (du côté de Kobe). Il reçoit une carte postale d'un ami qui étudie en France, dans laquelle la tradition de la St-Valentin est brièvement relatée. Il soumet l'idée à son père qui refuse sèchement, mais décide néanmoins de vendre des chocolats ce jour là dans un grand magasin. Il n'en vendra que 3 boîtes. Il n'abandonne cependant pas l'idée et se documente sur le sujet. L'année suivante, il fabrique des chocolats en forme de cœur ainsi qu'une grande pancarte annonçant quelque chose comme "offrez des chocolats à celui que vous aimez" (celui ? oui, vous avez bien lu, ce n'est pas une erreur, lisez plus loin). Le succès est cette fois au rendez-vous. Les années suivantes il perfectionne encore sa technique : quand on achète le chocolat, on peut y faire inscrire son nom et celui de l'heureux élu, ainsi qu'une phrase en anglais comme "I love you" ou "love me tender" (il faut savoir qu'à cette époque Elvis Presley était très populaire au Japon). Il semblerait aussi que les chocolats portaient un signe astrologique occidental. À cette époque également, les signes zodiacaux occidentaux étaient à la mode.

Pour accroître encore ses chances de succès, le rusé chocolatier invente une histoire de toutes pièces. Une vieille tradition japonaise dit qu'une femme qui montre ses sentiments n'est pas une bonne femme. Il fait publier un article dans un magazine féminin indiquant que ce jour là justement, on peut montrer ses sentiments sans crainte de passer pour une mauvaise fille ! Le demi mensonge (demi car il n'y a pas de quoi craindre de montrer ses sentiments, non ?) prend et tout le monde y croit. Le résultat est qu'aujourd'hui, si beaucoup de personnes ont oublié l'histoire montée de toutes pièces par le chocolatier, au Japon, les femmes offrent des chocolats aux hommes lors de la Saint Valentin (à ma connaissance, c'est le seul pays au monde où les femmes offrent quelque chose aux hommes ce jour là). Mesurez bien toute l'habileté dont à su faire preuve le chocolatier. Il a profité d'une part d'une vieille croyance japonaise et d'autres part des phénomènes nouveaux qu'étaient l'apparition des premiers magazines féminins et le début de l'émancipation des femmes japonaises.

Dans les nombreux feuilletons télévisés, il n'est pas rare de voir des scènes où une jeune lycéenne rougissante serre une boîte de chocolat qu'elle a sans doute emballée elle-même de ses doigts juvéniles et tremblants, avant, dans un sursaut de spontanéité, de la tendre au garçon qu'elle admire secrètement depuis plusieurs mois, sans oser lever son regard vers lui. Selon les feuilletons, le garçon prend la boîte et rougit aussi, ou alors prononce quelques fortes paroles de circonstance. Ou alors, dans la catégorie feuilletons dramatiques, le garçon ne saisit pas la boîte, ou, affront suprême, la prend et la donne à un de ses camarades (de préférence gras et boutonneux).

En dehors des rapports amoureux, le chocolat circule aussi abondamment. Il existe un mot japonais appelé "giri" qui n'a pas d'équivalent en français mais veut dire quelque chose comme : devoir social, obligation morale, bref quelque chose qu'on fait plus parce qu'on doit le faire selon les règles de la société dans laquelle on vit, que parce qu'on veut le faire vraiment. Dans les entreprises, les femmes offrent donc à leurs collègues et supérieurs masculins des "giri-choco". C'est pour les remercier de leur galanterie tout au long de l'année et les prier de continuer à être aussi sympa les 364 jours qui suivront jusqu'à la prochaine St-Valentin.

Sympa d'offrir des "giri-choco", mais alors comment faire pour savoir si on reçoit des chocolats parce qu'une femme vous aime ou simplement parce qu'elle en offre à tous les mâles qu'elle connait ? Comment différencier les "honne-choco" (chocolats reçus parce qu'on vous aime vraiment) des "giri-choco" (chocolats reçus par obligation) ? Les déçus doivent être nombreux, surtout parmi les étrangers qui ne sont pas au courant de la coutume japonaise avec précision. Il n'y a pas de recette miracle pour savoir de quels "choco" il s'agit, mais quelqu'un de normalement doué devrait pouvoir s'en rendre compte. Si tous les hommes de l'étage ont reçu la même boîte de chocolat ce sont sûrement des "giri-choco", mais si c'est un mignon petit paquet, amoureusement emballé et caché dans votre tiroir.... ...sinon vous pouvez toujours demander (je l'ai fait cette année pour avoir le cœur net) et toutes les personnes qui m'ont donné des chocolats m'ont dit que c'étaient des "honne-choco", montrant ainsi que les Japonaises ont le sens de l'humour.

Le changement par rapport à l'Occident ne s'arrête pas là. En effet, un Japonais qui reçoit un cadeau (n'importe quand) vous le rendra toujours un jour, c'est là une règle essentielle de politesse nippone. Il fallait donc un moyen de "rendre" les chocolats reçus. Un jour particulier, le 14 mars, a donc été inventé de toutes pièces. Il s'agit du "White Day", où les hommes offriront des "giri-choco" à toutes leurs collègues et parfois des "honme-choco".

Pour terminer, soucieux de sa virilité, le mâle japonais n'apprécie pas toujours les chocolats (c'est loin d'être le cas pour tout le monde cependant). Les aliments sucrés sont en effet considérés comme étant "pour femmes" plutôt que "pour hommes". On trouve donc du whisky dans des bouteilles en forme de coeur afin de pouvoir offrir quelque chose à ceux qui n'aiment pas le chocolat.


De mon côté, j'ai déjà commencé la récolte, avec 2 gâteaux faits maison, et 2 boîtes de chocolats.
Sinon, pour ceux que ça intéresse, quelques pistes de J-Pop qui peuvent être appropriées, si vous souhaitez faire écouter quelque chose d'un peu exotique mais très joli à l'oreille.

Dans l'ordre,

Kobukuro avec Sakura


Mr Children, avec Hanabi


Masaoshi Yamazaki, avec One More Time One More Chance


Yui et Good Bye Days


Et un petit dernier pour la route, avec ZONE et Secret Base